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Biotechnologie, Agronomie, Société et Environnement/Biotechnology, Agronomy, Society and Environment

1370-6233 1780-4507

 

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Faten Rejeb Gharbi & Taher Benarif

Opportunité économique de l'introduction de grignons d'olive dans l'alimentation des animaux en Tunisie

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Annexes

Notes de la rédaction

Reçu le 8 janvier 2010, accepté le 5 octobre 2010

Résumé

Malgré les caractéristiques chimiques, physiques et nutritionnelles qui les classent parmi les fourrages de qualité médiocre, certaines recherches ont montré que les grignons d'olive peuvent se substituer à des taux relativement élevés aux ingrédients importés entrant dans la ration des lapins et des ruminants. En se basant sur les résultats de recherches réalisées, la présente analyse de simulation montre que l'introduction de grignons d'olive dans l'alimentation des animaux en Tunisie est très bénéfique aussi bien pour l'éleveur que pour l'État. La substitution du concentré ou de l'un de ses constituants par des grignons dans la ration des animaux en production pourrait offrir aux éleveurs un gain de revenu de 99 millions de dinars tunisiens (DT) et une économie de devises de plus de 40 millions €. Les grignons d'olive peuvent représenter une source d'aliment d'une certaine importance dans les régions traditionnellement caractérisées par leur déficit en fourrages s'ils sont introduits de façon appropriée dans des blocs multi-nutritionnels pour accroître leur valeur nutritive. Leur introduction comme aliment de soutien ou de sauvegarde en période de disette entrainerait une amélioration du revenu des éleveurs de 16,5 millions DT et une économie de devises estimée à 27 millions €.

Mots-clés : Tunisie, alimentation animale, grignons d'olive, aliments concentrés, opportunité économique

Abstract

Economical impacts of the use of olive cakes in animal nutrition in Tunisia. Despite its chemical, physical and nutritional properties, which are observed also in low quality forages, some researches indicate that olive cakes can substitute at relatively high rates some imported ingredients in the diet of rabbits and ruminants. Based on the results of previous researches, this simulation analysis shows that the introduction of olive cakes in the diet of animals in Tunisia is very beneficial for both the farmer and the government. The substitution of the concentrate or of one of its constituents by olive cakes, within an optimal rate of substitution, could offer farmers an income gain of 99 million Tunisian Dinars (TND) and foreign currency savings of 40 million €. The introduction of olive cakes in food blocks for sheep in scarcity period, as a partial substitute concentrated, could lead to higher incomes for farmers of 16.5 million TND and foreign currency savings of 27 million €.

Keywords : Tunisia, livestock nutrition, olive cakes, concentrates, economical benefits

1. Problématique

1L'alimentation représente 60 à 80 % des charges totales de production des bovins (Rejeb Gharbi et al., 2007), des ovins et des lapins (Ben Rayana et al., 1994). La limitation des ressources fourragères, résultat du faible potentiel fourrager, du manque de maitrise de la technologie de production et des conditions climatiques très aléatoires, est la première responsable de la forte dépendance vis-à-vis des aliments importés entrant dans la production du concentré, notamment les tourteaux de soja, l'orge et le maïs (Tableau 1).

Image1

2Les importations en croissance continue des aliments pour animaux et l'enchérissement de leurs cours mondiaux (Tableau 2) ont engendré l'augmentation des couts de production des produits animaux, lait et viandes, une faible compétitivité de l'activité élevage au niveau de l'exploitation et un impact négatif sur la balance commerciale agricole du pays. En effet, entre 1990 et 2007, les quantités importées ont été multipliées par 2,8 pour le soja, 3,7 pour le maïs et 6,3 pour l'orge. Les valeurs engendrées par ces importations, durant la même période, ont été multipliées respectivement par 3,9 ; 5 et 15,8 (Tableau 2).

Image2

3Outre la variation continue des cours mondiaux des ingrédients importés, l'irrégularité de la disponibilité de ces aliments sur le marché mondial est susceptible de mettre en question la rentabilité et la viabilité du secteur de la production animale en Tunisie.

4L'amélioration du niveau d'adéquation entre les besoins nutritionnels des animaux et les disponibilités fourragères locales passe impérativement par l'intensification de la production fourragère, la recherche de ressources fourragères alternatives et la valorisation des sous-produits agricoles et de l'agro-industrie.

5C'est dans cette dernière alternative relative à la valorisation des sous-produits agricoles et de l'agro-industrie que s'insère la présente recherche qui essaie d'appréhender les conditions d'une meilleure utilisation des grignons d'olive dans l'alimentation des animaux en Tunisie.

6En effet, la Tunisie a produit par an en moyenne 283 milliers de tonnes de grignons bruts d'olive durant la période 1998-2007. Cette quantité est susceptible d'augmenter avec le développement de la production d'olives qui va passer de 1 003 milliers de tonnes comme moyenne annuelle durant la période 1998-2007 à 1 050 milliers de tonnes en 2011 et 1 250 milliers de tonnes en 2016 (Direction Générale de la Production Agricole, 2009) engendrant une évolution de la production de grignons de 367,5 milliers de tonnes et 437,5 milliers de tonnes respectivement en 2011 et 2016 si on adopte un coefficient de transformation de 35 % de grignons bruts obtenus à partir des olives traitées (Nefzaoui, 1991).

7Les potentialités de production des grignons d'olive de la Tunisie d'une part et la recherche d'une plus grande indépendance alimentaire d'autre part, justifient les efforts de l'État pour la valorisation efficace de ces ressources locales dans l'alimentation des animaux, d'autant plus que des travaux de recherche ont confirmé l'impact positif de leur incorporation, par le biais de certains traitements, dans l'alimentation des ovins (Ben Hamouda, 1975 ; Bloemeyer, 1977 ; Giouzelgiannis et al., 1978 ; Accardi et al., 1979 ; Nefzaoui et al., 1981), des bovins (Maymone et al., 1935 ; Bougalech, 1980 ; Belibasakis, 1982 ; O'Donovan, 1983), des camélidés (Hammadi et al., 1997) et des lapins (Ben Rayana et al., 1994 ; Chaabane et al., 1997).

8Les grignons d'olive ont également d'autres alternatives d'utilisation et ont, par conséquent, des couts d'opportunité. En effet, les grignons d'olive constituent une source de devises importante. Ils connaissent, ces dernières années, une demande internationale élevée. Les quantités exportées en 2008 avoisinent 100 à 110 milliers de tonnes, soit environ 50 % de la production nationale avec des prix unitaires de 40 à 50 € par tonne pour le grignon noyauté et de 80 à 110 € par tonne pour la pulpe.

9Ainsi se pose la question de la meilleure alternative d'utilisation des grignons d'olive en Tunisie. Est-il bénéfique de les exporter pour se procurer des devises ou bien de les exploiter pour l'alimentation des animaux en Tunisie en substitution partielle aux ingrédients importés entrant dans la production du concentré ?

10Pour répondre à cette question, on va procéder dans un premier temps à une analyse bibliographique sur les principales utilisations des grignons d'olive en alimentation animale en Tunisie et dans le monde afin d'identifier les conditions et les taux optimums de leur incorporation dans la ration du bétail. En se basant sur les résultats de recherche pour leur exploitation dans le contexte tunisien, un travail de simulation s'intéressera dans un deuxième temps à analyser les retombées micro- et macro-économiques possibles de l'introduction des grignons dans l'alimentation animale en Tunisie et ressortira, dans un troisième temps, la valorisation la plus appropriée des grignons (alimentation animale ou exportation).

2. Méthodologie

2.1. Les indicateurs d'analyse économique utilisés

11Cout de substitution / Cout d'opportunité des grignons. Le cout d'opportunité désigne le cout d'une chose estimé en termes d'opportunités non réalisées ou encore la valeur de la meilleure option non réalisée. Le cout d'opportunité du grignon est alors la quantité d'aliment (orge, maïs, son, etc.) à laquelle il faut renoncer pour obtenir une unité supplémentaire de grignon sans affecter les performances atteintes. Le cout d'opportunité est appelé encore cout de substitution, cout alternatif ou cout d'option (Edgard, 1967).

12Calcul du cout de substitution. La production d'une quantité Y des produits animaux (viande, lait, etc.) nécessite l'utilisation de la quantité X du facteur concentré ou de l'un de ses constituants (orge, son, etc.) dont le prix est P. Le cout de production (CP) de la viande (ou du lait) avant substitution s'écrit comme suit :

13CP = PX

14avec P : le prix du concentré (on s'intéressera au concentré comme étant le facteur le plus important et le plus limitant dans la production) et X : la quantité de concentré utilisée.

15La substitution d'une partie ou de la totalité de ce facteur de production (ici le concentré) par des grignons engendre une production Y1 de viande (lait) dont le cout de production est CP1  :

16CP1 = P1 X1 + P (X - X1)

17avec CP1 : cout de production après substitution ; P1 : prix du facteur de remplacement (ici les grignons) ; X1 : la quantité des grignons utilisée en remplacement d'une partie de concentré.

18Pour que la substitution soit rationnelle, il faut que le rapport production / cout après substitution reste égal à celui d'avant substitution, toutes choses égales par ailleurs :

19CP / Y = CP1 / Y1

20(P X) / Y = [(P1 X1 + P (X - X1)] / Y1

21(P X)Y1 / Y = [(P1 X1 + P (X - X1)]

22(P X) Y1 / Y - P (X - X1) = P1 X1 = (P X) [Y1 / Y - 1] + P X1

23P1 = (P X) [Y1 / Y - 1] / X1 + P

24P1 = P [(Y1 / Y - 1) X / X1 + 1]

25avec P1 : prix d'intérêt du grignon ; P : prix de l'aliment à substituer (concentré, etc. ; Y1 / Y : production après substitution/production avant substitution ; X / X1 : taux de substitution des facteurs de production (ici concentré / grignon).

26Le cout d'opportunité (d'intérêt) des grignons varie, selon le type de l'élevage, en fonction du taux de substitution dans la ration, des performances atteintes et du prix de l'aliment à substituer.

27L'impact économique de l'introduction du grignon d'olive dans l'alimentation des animaux sur le revenu des producteurs en Tunisie a été évalué à l'aide de la variation du profit de l'éleveur

28Variation du profit de l'éleveur (∆π). Le profit de l'éleveur avant l'introduction des grignons dans l'alimentation est noté comme suit :

29Π : Profit = PQ - CT= PQ - CF - CV

30avec P : prix du produit ; CT : charges totales ; Q : production ; CF : charges fixes ; CV : charges variables.

31Le profit de l'éleveur après l'introduction des grignons comme substituant au concentré est noté comme suit :

32Πg = PQ - CF - CVg (recettes - couts)

33avec CVg : charges variables après substitution du concentré par des grignons.

34Hypothèse :

35– on a supposé que la variation de la charge variable est assimilée à la variation de la charge liée à l'alimentation et plus particulièrement au concentré ;

36– pour les mêmes performances obtenues, la substitution d'une partie du concentré n'a affecté, toutes choses égales par ailleurs, que la charge d'alimentation.

37La variation de revenu de l'éleveur est assimilée à la variation des charges d'alimentation :

38CVg = (q - Qs) Pc + QsPg = QsPg + qPc - QsPc

39avec Pc : prix du concentré (ou autre ingrédient entrant dans la formulation du concentré tel que l'orge, le son, etc.) ; Pg : prix local du grignon (prix d'achat) ; q : quantité du concentré avant substitution ; Qs : quantité du concentré substituée par les grignons.

40Le profit devient alors :

41Πg = PQ - CF - QsPg - qPc + QsPc = PQ - CF - qPc + Qs (Pc - Pg)

42La variation du profit de l'éleveur à la suite de la substitution d'une partie du concentré par les grignons est notée comme suit :

43∆π = Πg - Π = PQ- CF - qPc + Qs (Pc - Pg) - (PQ - CF - qPc)

44∆π = Qs (Pc - Pg)

45Plus l'écart entre le prix du concentré (ou de l'un de ses constituants) et le prix d'achat de grignon est élevé, plus l'éleveur a intérêt à la substitution dans la limite zootechnique permise par le taux de substitution optimal.

46Variation de la balance commerciale agricole. L'impact économique de l'introduction du grignon d'olive dans l'alimentation des animaux sur la balance commerciale de la Tunisie a été évalué à l'aide de la variation de la balance commerciale agricole (∆BC).

47La valeur de la balance commerciale avant substitution du concentré par les grignons est :

48BC1 = Exportation des grignons - Importation du concentré (ou des ingrédients entant dans sa formulation)

49BC1 = QgPg - QcPc

50avec  Qg : quantité des grignons exportés ; Pg : prix à l'exportation des grignons ; Qc : quantité de concentré (ou orge, son) importé ; Pc : prix à l'importation du concentré (ou autre ingrédient).

51La valeur de la balance commerciale après substitution du concentré par les grignons est :

52BC2 = Exportation des grignons - Importation du concentré

53BC2 = (Qg - Qs).Pg - (Qc - Qs).Pc

54La différence des valeurs de la balance commerciale est :

55∆BC = BC2 - BC1 = {(Qg- Qs)Pg - (Qc - Qs). Pc} - {Qg Pg - Qc . Pc}

56∆BC = BC2 - BC1 = QgPg - QsPg - QcPc + QsPc - QgPg + QcPc

57∆BC = Qs (Pc - Pg)

58avec Qs : la quantité du concentré substitué par des grignons ; ∆BC : variation de la balance commerciale.

59La substitution de concentré ou de l'un de ses constituants par des grignons est bénéfique, dans la limite des exigences zootechniques, tant que le prix à l'importation de l'aliment en question est supérieur au prix à l'exportation des grignons. Dans ces conditions, l'impact d'une telle substitution est bénéfique sur la balance commerciale agricole.

60Scénarios utilisés. On va procéder à une analyse de l'impact de la substitution de certains aliments du bétail par type de grignon et type d'animal sur le revenu de l'éleveur et sur la balance commerciale agricole de la Tunisie. Quatre scénarios possibles seront envisagés :

61– scénario 1 : consiste en la substitution partielle du concentré destiné à des lapins/ovins par des grignons bruts,

62– scénario 2 : consiste en la substitution partielle du concentré destiné à des ovins/bovins par des grignons bruts dénoyautés et des grignons dénoyautés et épuisés,

63– scénario 3 : consiste en la substitution partielle de l'orge par des grignons bruts dénoyautés et des grignons dénoyautés et épuisés dans le concentré destiné à des ovins/bovins,

64– scénario 4 : consiste en la substitution partielle du son par des grignons bruts dénoyautés et des grignons dénoyautés et épuisés dans le concentré destiné à des ovins/bovins.

3. Revue bibliographique

3.1. Cadre d'analyse

65La Tunisie est un pays qui connait des périodes très prononcées de déficit fourrager en quantité comme en qualité. Les grignons qui sont des aliments de valeur limitée, 0,32 à 0,49 Unité Fourragère Lait (UFL) et 0,21 à 0,37 Unité Fourragère Viande (UFV), doivent trouver leur utilisation en alimentation animale. D'autant plus qu'il est possible d'améliorer l'utilisation des grignons par des traitements mécaniques (tamisage, sur-pressage, ensilage des grignons) ou chimiques (à la soude ou à l'ammoniac). Ces traitements se sont révélés efficaces pour l'amélioration de la valeur alimentaire des grignons (Nefzaoui et al., 1987)

66Enfin, avec ou sans traitement, les grignons peuvent être très utiles en situation de disette si on raisonne en termes d'entretien, voire de sauvegarde et non pas uniquement en termes de production.

3.2. Les enseignements tirés des résultats de recherches sur la valorisation des grignons

67Les caractéristiques climatologiques de la Tunisie sont sources d'importantes limitations saisonnières de la disponibilité des fourrages. Dans de telles circonstances, les chaumes et les pailles de céréales constituent la base de l'alimentation des ovins pendant une période assez longue de l'année (été-automne-hiver). Cela conduit à une pression croissante sur les parcours et donc à une détérioration rapide de la couverture végétale. En outre, ces ressources fourragères présentent une valeur alimentaire médiocre : riches en cellulose brute, faibles en azote, en minéraux et vitamines, et par conséquent elles sont peu digestibles, faiblement ingérées et couvrent difficilement les besoins d'entretien des animaux. La productivité des animaux qui en résulte est donc faible ou modérée.

68La complémentation des fourrages pauvres pour l'alimentation des ruminants trouve un intérêt sans cesse croissant aussi bien pour la sauvegarde, l'entretien que pour la préservation d'un certain niveau de production. Cette complémentation induit un recours de plus en plus important aux céréales et aux tourteaux de soja qui sont souvent importés et couteux.

69La valorisation des sous-produits dans l'alimentation des ruminants constitue une alternative stratégique par la réduction des charges alimentaires qu'elle engendre. Toutefois, ces sous-produits ne sont pas efficacement utilisés en dépit des résultats de recherches qui ont montré les bienfaits de leur incorporation dans l'alimentation animale. L'un de ces sous-produits est le grignon d'olive. Les recherches effectuées sur ce sous-produit ont montré la possibilité de son introduction dans l'alimentation des ruminants. Son niveau d'incorporation dans la ration varie selon le type du grignon, le type d'animal (ovin, bovin), les performances zootechniques à atteindre (entretien, sauvegarde, production) et la constitution de la ration initiale des animaux. Le grignon peut, par ailleurs, être utilisé comme complément d'une ration à base de pâturage et de résidus des cultures pour entretenir ou sauvegarder les animaux ou comme substituant d'un ingrédient (orge, maïs, son, etc.) entrant dans la formulation du concentré destiné aux animaux en production.

70Effet de l'introduction des grignons dans la constitution du concentré sur les performances des animaux en production

71Grignons bruts. Les résultats de recherche sur les grignons bruts sont rares et concernent principalement l'élevage cunicole. Les grignons bruts peuvent être incorporés à des taux de 11,5 à 23 % dans le concentré destiné aux lapins en phase de croissance, en substitution partielle ou totale à la farine de luzerne, sans effet négatif sur les performances zootechniques des animaux (Ben Rayana et al., 1994)

72Les grignons gras partiellement dénoyautés. L'introduction de 40 % de grignons dans un concentré avec mélasse-urée distribué à des moutons au pâturage recevant 500 g de foin et le concentré en fonction du poids vif de l'animal (20 à 30 g.kg-1 poids vif) a entrainé des gains de poids de 101 g par jour contre 125 g par jour pour le lot témoin (Bloemeyer, 1977). Introduits à un taux de 30 % en remplacement de l'orge dans les rations de moutons, les grignons permettent une croissance légèrement inférieure à celle du lot témoin, soit respectivement 226 g par jour et 274 g par jour (Ben Hamouda, 1975). À des taux légèrement plus faibles, soit 15 à 25 %, l'incorporation des grignons dans le concentré destiné aux agneaux sont sans effet négatif significatif sur leurs performances (Giouzelgiannis et al., 1978).

73Sur les bovins, le remplacement total du maïs par les grignons dans la ration des génisses de 295 kg nourries pendant 60 jours avec du foin et de l'ensilage de luzerne, a entrainé une réduction de gain de poids quotidien de 370 g par jour contre 630 g par jour pour le lot témoin (Maymone et al., 1935). L'introduction de 10 à 20 % de grignons dans le concentré destiné à l'alimentation des vaches laitières n'a pas entrainé de différences significatives dans la production et la composition du lait (Belibasakis, 1982).

74Grignons dénoyautés et épuisés. L'introduction des grignons partiellement dénoyautés épuisés dans la ration des animaux a fait l'objet de plusieurs recherches aussi bien sur les ruminants que sur les lapins.

75Les grignons épuisés peuvent être incorporés à des taux de 30 à 34 % dans le concentré destiné aux lapins en phase de croissance, en substitution totale à la farine de luzerne sans effet négatif significatif sur les performances zootechniques des animaux (Chaabane et al., 1997).

76Sur les ovins, l'introduction des grignons à un taux de 25 à 35 % en remplacement respectif de l'orge et du son dans le concentré destiné aux brebis en gestation, puis en lactation, a entrainé des performances comparables aux témoins (Nefzaoui, 1979 ; Molina et al., 1991). Également, l'engraissement d'agneaux avec des rations contenant 40 % de grignons en remplacement de l'orge dans le concentré est envisageable, car les performances obtenues sont comparables à celles obtenues dans les conditions normales (Nefzaoui et al., 1982).

77Sur les bovins, l'introduction des grignons à des taux de 15-30-45 % d'une quantité de 2,7 kg de concentré destinée aux génisses Holstein de 284 kg recevant de la paille à volonté (5,7 kg par jour) n'a pas entrainé une différence de gain de poids, qui était respectivement de 706, 695 et 698 g par jour par rapport au témoin 688 g par jour (O'Donovan, 1983). En plus, les grignons ont un effet bénéfique s'ils sont introduits à des taux de 15 à 30 % d'une quantité de 3,3 kg de concentré destiné aux génisses et taurillons Holstein pesant 130 kg et recevant également 0,6 kg de paille. Cette introduction de grignons a entrainé des croissances respectives de 975 et 813 g par jour contre 1 029 g par jour pour le témoin (O'Donovan, 1983).

78Effet d'une complémentation à base de grignons sur l'entretien ou la sauvegarde des animaux nourris par des fourrages grossiers. L'un des principaux facteurs limitants qui affectent la productivité des petits ruminants dans les zones arides et semi-arides est la pénurie de fourrage. Cela conduit à une pression croissante sur les parcours et donc, à une détérioration rapide de la couverture végétale. Dans ces conditions, le grignon peut être utilisé en quantité modérée dans des régimes d'entretien et en quantité plus élevée dans les cas de disette.

79En effet, la distribution des grignons partiellement dénoyautés et épuisés, à un taux de 70 % en remplacement du son dans un concentré, à des brebis gestantes puis allaitantes, recevant par ailleurs 300 g par jour de paille, a permis la sauvegarde des brebis et la survie de certains de leurs agneaux sur une période de plus de quatre mois (Nefzaoui, 1979).

80Également, la complémentation des fourrages pauvres par les blocs multi-nutritionnels contenant plusieurs sous-produits trouve un intérêt sans cesse croissant aussi bien pour la sauvegarde du cheptel que pour des niveaux de performance modérés. Les blocs alimentaires à base de grignons d'olive constituent un supplément alternatif stratégique pour les petits ruminants élevés dans des conditions difficiles. Ces blocs contiennent plusieurs sous-produits qui sont disponibles localement à bon marché.

81Plusieurs recherches en Tunisie et dans le monde ont montré que les blocs multi-nutritionnels valorisent bien les régimes alimentaires riches en fourrages grossiers tels que les parcours et les régimes à base de paille et de foin de qualité médiocre. L'introduction dans ces régimes de blocs contenant des grignons avec un peu de concentré permet à l'animal de satisfaire ses besoins d'entretien et réalise même un niveau de production modéré de 50 à 65 g par jour par tête. L'utilisation des blocs à base de grignons (35 à 40 %) permet donc d'épargner 50 à 75 % de la quantité de concentrés utilisés pour les petits ruminants (Ben Salem et al., 2001). Dans une autre expérience, les pailles complémentées avec des blocs mélasse-urée contenant 15 % de grignons ont permis d'entretenir les animaux et peuvent même satisfaire des besoins de production modeste des brebis en début de gestation avec une augmentation de poids de 54 g par tête par jour (Nyarko-Badohu et al., 1993).

4. Résultats et discussion

4.1. Calcul du cout de substitution / cout d'opportunité des grignons

82D'après le tableau 3, l'incorporation des grignons gras partiellement dénoyautés à un taux de 10 à 20 % en remplacement du concentré dans la ration de la vache laitière a un effet similaire sur la production et la qualité du lait, à une ration sans grignon. Dans ce cas, le cout d'opportunité des grignons est égal au prix du concentré qui le substitue.

Image3

83Introduit à un taux variant entre 30 à 40 % en remplacement d'une partie du concentré destiné aux moutons en croissance, les grignons donnent des performances légèrement inférieures au lot témoin. Le cout d'opportunité des grignons est dans ce cas au voisinage de 95 % du prix du concentré.

84D'après le tableau 4, l'introduction des grignons dénoyautés et épuisés à des taux de 35 à 40 % en remplacement du concentré (orge) dans la ration des ovins et de 30 à 45 % en remplacement du concentré dans la ration des bovins est sans effet significatif sur les performances des animaux, surtout si la ration initiale est riche en minéraux, en vitamines et en protéines. Le cout d'opportunité des grignons est de ce fait égal au prix du concentré.

Image4

4.2. Simulation de l'impact économique de l'introduction des grignons d'olive dans l'alimentation des animaux en production

85L'incorporation des grignons d'olive dans l'alimentation des animaux en Tunisie a certes des effets plus ou moins importants sur le revenu des éleveurs et sur le budget de l'État. Ces effets varient en fonction de la nature du grignon, du taux de son introduction dans la ration et des performances atteintes par type d'élevage.

86En se basant sur les travaux de recherche réalisés antérieurement sur les taux de substitution des grignons par du concentré dans l'alimentation des animaux, le présent travail montre la possibilité de substitution, dans notre pays, de 78 248 tonnes de concentré pour ovins et 160 000 tonnes de concentré pour bovins, soit 76 114 tonnes de grignons bruts dénoyautés et 162 138 tonnes de grignons dénoyautés épuisés (Tableau 5). Ces quantités qui sont évaluées à 239 000 tonnes de grignons sont susceptibles d'être satisfaites en totalité par la production nationale des grignons en Tunisie.

Image5

87Impact sur le revenu des éleveurs. En appliquant la formule de la variation du revenu de l'éleveur indiquée dans la partie méthodologie, l'analyse de l'impact économique de l'introduction des grignons d'olive dans l'alimentation des animaux montre que la substitution du concentré par des grignons est bénéfique pour l'éleveur tant que le prix local des grignons est inférieur à celui du concentré. Plus l'écart entre le prix du concentré (ou de l'un de ses constituants) et le prix d'achat de grignon est élevé, plus l'éleveur a intérêt à la substitution dans la limite zootechnique permise par le taux de substitution optimal :

88∆π = Qs (PC - PL)

89avec ∆π : variation du profit, Qs : quantité de concentré ou de l'un de ses ingrédients (orge, son) substituée par des grignons ; PC : prix du concentré (ou autre aliment) ; PL : prix local du grignon (prix d'achat).

90Dans les conditions des taux de substitution envisagées des prix actuels du concentré et des grignons, la substitution est très bénéfique pour tous les éleveurs pratiquant l'élevage cunicole, l'élevage des ovins et l'élevage des bovins. Le profit estimé résultant de la substitution peut atteindre 99,3 ; 69 et 38 millions de dinars respectivement selon que le grignon substitue le concentré ou bien l'un de ses ingrédients, l'orge ou le son (Tableau 6).

Image6

91Hypothèse : le prix du concentré pour ovin est égal au prix moyen du concentré d'engraissement des ovins et du concentré pour les brebis suitées. Le prix du concentré pour bovin est égal au prix moyen du concentré des veaux d'engraissement et du concentré de la vache laitière car ces deux types de concentrés sont les plus utilisés.

92La quantité de grignons qui pourrait être substituée aux concentrés est de 239,5 milliers de tonnes, soit l'équivalent de 85 % de la quantité moyenne annuelle produite durant la période 1998-2007. On assiste à la substitution de 78 000 tonnes de concentré pour ovin par 36 000 tonnes de grignons bruts dénoyautés et 42 000 tonnes de grignons dénoyautés et épuisés et à la substitution de 160 000 tonnes de concentré pour bovin par 40 000 tonnes de grignons bruts dénoyautés et 120 000 tonnes de grignons dénoyautés et épuisés. Cette substitution procure un gain de profit des producteurs évalué à 99,3 millions dinars tunisiens (DT) si la substitution est réalisée avec le concentré. Si le grignon remplace l'orge ou le son, le gain global des producteurs est respectivement de 69 et 38 millions DT. Ce gain est réparti en 66 % pour les producteurs de bovins, 33 % pour les producteurs d'ovins et 1 % pour les éleveurs de lapins.

93Impact sur la balance commerciale agricole. La substitution de concentré ou de l'un de ses constituants par des grignons est bénéfique, dans la limite des exigences zootechniques, tant que le prix à l'importation de l'aliment en question est supérieur au prix à l'exportation des grignons. Dans ces conditions, l'impact d'une telle substitution est bénéfique sur la balance commerciale agricole.

94Au premier abord, les prix à l'importation des concentrés ou de ses constituants sont largement supérieurs aux prix à l'exportation des grignons (Tableau 7). Ceci laisse voir l'intérêt, aussi bien de l'éleveur que de l'État, à la substitution1 des ingrédients entrant dans la production du concentré par des grignons.

Image7

95L'impact économique de l'introduction du grignon d'olive dans l'alimentation des animaux sur la balance commerciale agricole de la Tunisie a été calculé comme suit :

96∆BC = Qs (Pc-Pg)

97avec ∆BC : variation de la balance commerciale ; Qs : quantité de concentré ou autre ingrédient (orge, son) substitué par des grignons ; Pc : prix à l'importation du concentré (ou autre ingrédient) ; Pg : prix à l'exportation des grignons.

98Hypothèse 1 : dans le calcul de la valeur de la variation du profit des éleveurs, on a envisagé pour les grignons un prix moyen local pour chaque catégorie, alors que dans le calcul de la valeur de la variation de la balance commerciale, on a envisagé deux prix d'exportation limites pour chaque type de grignons.

99Hypothèse 2 : sachant qu'on n'importe pas le concentré mais bien les ingrédients entrant dans sa fabrication, on a pris le prix à l'importation du concentré comme étant égal à son prix de vente au niveau national.

100La valeur de la variation de la balance commerciale varie en fonction du prix du produit à substituer par les grignons et le prix d'exportation des grignons (Tableau 8). Elle atteint un maximum de 42,2 millions DT quand les grignons dénoyautés et épuisés remplacent 30 % du concentré destiné aux bovins. Selon le prix d'exportation des grignons, l'État pourrait épargner entre 75,1 et 85,8 millions DT, soit 40,6 à 46,3 millions € dans le cas où on arrive à substituer :

101– 35 % du concentré pour ovins et 30 % du concentré pour bovins par des grignons dénoyautés épuisés,

102– 30 % du concentré pour ovins et 10 % du concentré pour bovins par des grignons bruts dénoyautés, – 11,5 % de la farine de luzerne pour lapins par des grignons bruts.

Image8

103La substitution de l'orge ou du son par des grignons est également bénéfique. La valeur de la variation de la balance commerciale est entre 45 et 55,6 millions DT dans le cas où les grignons remplacent l'orge et entre 14,1 et 24,6 millions DT si les grignons remplacent le son.

104De ce qui précède, on constate que les possibilités de valorisation interne des grignons dans l'alimentation des animaux en production sont bénéfiques par rapport à son exportation, aussi bien pour l'éleveur que pour l'État, à condition que l'éleveur maitrise les conditions de son introduction dans la ration des animaux. Ces conditions dépendent du type du grignon, du type de l'aliment à substituer, de la valeur de la ration initiale qui doit être riche en azote, en éléments minéraux et en vitamines et des performances zootechniques à atteindre.

4.3. Simulation de l'impact économique de l'utilisation des grignons comme aliment d'entretien ou de sauvegarde des animaux

105Impact sur le revenu des éleveurs. Les résultats de recherches en Tunisie et dans le monde ont montré que l'introduction des grignons bruts à raison de 30 à 45 % dans les blocs alimentaires multi-nutritionnels valorise bien les régimes alimentaires riches en fourrages grossiers tels que les parcours et le régime de sauvegarde à base de paille et de foin de qualité médiocre. Pour un régime journalier des ovins constitué de fourrages grossiers secs et 400 g de concentré par tête par jour, l'introduction de 300 g par tête par jour de blocs alimentaires contenant 40 % de grignons bruts permet la substitution de 50 à 70 % de la quantité de concentré consommée tout en gardant les mêmes performances des animaux (Ben Salem et al., 2001).

106Le cout de production à l'échelle familiale d'1 kg de blocs alimentaire est de 0,223 DT.kg-1 de matière sèche (Ministère de l’Agriculture et des Ressources Hydrauliques, 2009b), alors que le prix d'achat du concentré de sauvegarde pour ovins est égal à 472 DT.t-1.

107Si on prend pour le concentré un prix moyen égal à 0,472 DT.kg-1, la part du concentré par tête par jour serait réduite de 0,095 DT (200 g * 0,472). L'introduction des blocs à base de grignons d'olive coute 0,067 DT par tête par jour (300 * 0.223). La substitution permet à l'éleveur de gagner 0,028 DT par tête par jour. Pour un effectif estimé à 2,5 millions de têtes d'ovins (1,5 million au centre et 1 million au sud de la Tunisie, où les conditions climatiques sont difficiles), la substitution d'une partie du concentré par des blocs à base de grignons d'olive permet l'augmentation du revenu des éleveurs de 68 750 DT par jour. Pour une durée de sauvegarde de 8 mois, le gain des producteurs serait égal à 16,5 millions DT.

108Impact sur la valeur de la variation de la balance commerciale. L'introduction des blocs alimentaires à base de grignons d'olive dans la ration des ovins en période de sauvegarde permet la réduction jusqu'à 50 % de l'utilisation du concentré (Ben Salem et al., 2001). La substitution de 200 g par tête par jour du concentré pour ovins par 300 g par tête par jour de blocs à base de 40 % de grignons d'olive entraine une réduction de 50 % du concentré utilisé par 2,5 millions de têtes ovines pendant une période de sauvegarde de 8 mois. La quantité du concentré susceptible d'être substituée par les blocs à base de grignons est estimée à 120 000 tonnes. Cette quantité, qui serait réduite de nos importations en aliments du bétail entrant dans la production du concentré, est évaluée à 120 000 t * 472, soit 56,64 millions DT.

109Concernant l'utilisation globale des grignons bruts, celle-ci est estimée à 72 000 t, soit 120 g par tête par jour x 240 jours x 2,5 millions de têtes. La valorisation intérieure des grignons bruts entraine la résiliation à son exportation. Sachant que le prix unitaire d'exportation des grignons bruts varie de 74 à 93 DT.t-1, cette résiliation entraine une perte en devises variant entre 5,328 millions DT et 6,696 millions DT.

110Le bilan global de la balance commerciale (importation-exportation) connait un gain en devises estimé à 50 millions DT.

5. Conclusion

111L'utilisation des grignons d'olive, le sous-produit le plus important de l'industrie oléicole, dans la nutrition animale est très limitée à cause de leur faible valeur nutritive. Cependant, la valorisation de ce sous-produit prend une importance pratique particulière étant donné que les grignons d'olive sont produits dans les régions où les fourrages sont limités. En Tunisie, les grignons d'olive représentent un potentiel de ressources fourragères considérable mais insuffisamment exploité.

112Les résultats des travaux de recherche sur la valorisation des grignons d'olives dans la nutrition animale sont très controversés. Pour certains, les grignons d'olive sont considérés comme des aliments ligno-cellulosiques grossiers comparables à de la paille de céréale ou à un foin de qualité médiocre. Ils ne peuvent être utilisés en quantités élevées (70 %) que dans les rations de sauvegarde pendant les périodes de disette. Leur incorporation à des taux raisonnés (15 à 40 %) dans la ration permet d'assurer l'entretien des animaux ou un niveau de production modéré.

113Pour d'autres, les grignons ont une valeur alimentaire certes limitée, mais non négligeable. Ils peuvent être utilisés à des taux relativement élevés (20 à 45 %) comme aliment de substitution du concentré ou de l'un de ses constituants dans la ration des animaux, à condition que cette dernière soit initialement riche en éléments minéraux, vitamines et surtout en protéines. Les performances obtenues sont légèrement inférieures, sinon comparables à celles des rations témoins avec du concentré, de l'orge ou du son.

114En se basant sur les taux de substitution envisagés dans l'alimentation des animaux en production, l'analyse de simulation montre que l'incorporation des grignons en remplacement du concentré, de l'orge ou du son a un impact positif sur le revenu des éleveurs et sur le budget de l'État. Cette incorporation s'accompagne d'une augmentation potentielle des revenus des éleveurs de 38, 69 et 99 millions DT selon que les grignons substituent respectivement le son, l'orge ou le concentré et une économie de devises respective évaluée en moyenne à 20, 50 et 80 millions DT, soit environ 11, 27 et 43 millions €.

115L'introduction des blocs alimentaires à base de 40 % de grignons bruts comme aliment de substitution partielle du concentré dans la ration d'entretien ou de sauvegarde des ovins dans les régions du centre et du sud de la Tunisie, dont les conditions climatiques sont difficiles sur une période assez longue de l'année (8 mois), a un effet bénéfique aussi bien sur le revenu des éleveurs qui connait une augmentation de 16,5 millions DT que sur la valeur de variation de la balance alimentaire qui s'améliore de 50 millions DT.

116Enfin, outre les considérations de prix, la consolidation de la place des grignons d'olive dans l'économie agricole dépendrait des possibilités de débouchés de la recherche sur des améliorations notables de ce sous-produit tant sur le plan de l'amélioration de la valeur nutritive et des techniques de conservation que sur celui de la diversification des utilisations.

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Notes

1 La quantité substituée est calculée sur la base des taux de substitution pris de la littérature.

Pour citer cet article

Faten Rejeb Gharbi & Taher Benarif, «Opportunité économique de l'introduction de grignons d'olive dans l'alimentation des animaux en Tunisie», BASE [En ligne], numéro 2, Volume 15 (2011), 259-270 URL : http://popups.ulg.ac.be/1780-4507/index.php?id=7532.

A propos de : Faten Rejeb Gharbi

Office de l'Élevage et des Pâturages. Ministère de l'Agriculture et des Ressources hydrauliques. Direction de la Promotion de la Profession et de l'Encadrement des Régions. 30, Rue Alain Savary. TN-1002 Tunis Le Belvédère (Tunisie). E-mail : gharbifaten22@yahoo.fr

A propos de : Taher Benarif

Office de l'Élevage et des Pâturages. Ministère de l'Agriculture et des Ressources hydrauliques. Direction des Ressources fourragères. 30, Rue Alain Savary. TN-1002 Tunis Le Belvédère (Tunisie).