BSGLg

Bulletin de la Société Géographique de Liège

0770-7576

 

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Bernadette MÉRENNE-SCHOUMAKER

Éditorial : Questions et débats dans la géographie d’aujourd’hui

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1L’objectif de ce numéro du bulletin de la Société géographique de Liège est de tenter d’individualiser des courants de recherche de la géographie d’aujourd’hui et de chercher parallèlement à mettre en évidence les nouvelles problématiques, les nouvelles méthodes et les nouveaux débats épistémologiques qui émergent dans la discipline et qui sont susceptibles de la faire évoluer, voire de la renouveler.

2Cette quête de la recherche des changements touchant la géographie ou la mise en évidence de nouveaux courants n’est pas une préoccupation neuve pour le BSGLg. Plusieurs numéros ont aussi tenté d’aller dans le même sens. Parmi les numéros publiés depuis 2000, citons par exemple : La Spatiocartographie (vol. 38), Approches systémiques du territoire : démarches et outils (vol. 45), Climatologie-Topoclimatologie (vol. 51), Être géographe aujourd’hui (vol. 52), La géographie du commerce de détail : nouvelles approches (vol. 56), Questionner le tourisme rural (vol. 57), Crime Mapping & Modeling (vol. 60).

3L’originalité du présent numéro est de se fonder sur une large enquête lancée en mai 2013 via un questionnaire en ligne (en français et en anglais) déposé sur le site du BSGLg et accompagné d’un courriel adressé à environ 300 géographes en contact plus ou moins régulier avec des géographes liégeois, habitant principalement la Belgique, la France, la Suisse, le Canada, certains pays africains… Ce questionnaire cherchait à mettre en évidence les questions de recherche ou de société qui interpellent le plus les géographes aujourd’hui et qui orientent le plus leurs propres travaux. On les interrogeait parallèlement sur les domaines ou problématiques au sujet desquels ils étaient le plus sollicités tant par le monde extérieur (entreprises, monde politique, société civile…) que par les spécialistes des autres disciplines (collègues, chercheurs…). Chaque répondant était aussi invité à indiquer ses thématiques majeures de recherche (trois au maximum). En outre, on les sollicitait en vue de la rédaction d’une courte synthèse sur un des domaines de recherche qu’ils avaient individualisé comme une thématique majeure de leurs actuels travaux.

4Nous avons reçu 48 questionnaires d’enquête complétés : 26 émanaient de la France, 9 de la Belgique, 7 de pays africains, 4 de la Suisse et 2 d’autres pays européens. L’analyse des thématiques de recherche citées montre une très grande dispersion des intérêts des répondants confirmant sans conteste la large représentativité de l’échantillon puisque on y retrouvait à la fois des géographes physiciens et humains et des géographes orientés vers les travaux académiques et appliqués.

5Malheureusement le monde de la cartographie était peu présent et, malgré la mise en ligne d’un questionnaire en anglais, les répondants furent essentiellement des collègues francophones. L’analyse des questions de société et de recherche s’avère très intéressante. Trois domaines semblent en effet émerger : les questions environnementales et climatiques avec leurs conséquences, les grands débats de société (crise économique et financière, sécurité alimentaire, transition énergétique, conflits relatifs aux ressources, inégalités territoriales, disparités sociales, mobilité…) et le rôle de la géographie et du géographe face aux mutations des sociétés et surtout des territoires tant urbains que ruraux et ce à toutes les échelles spatiales. Par contre, assez étrangement, beaucoup de répondants ne se sont pas dits fortement sollicités par les milieux extérieurs, ni même par leurs collègues sauf pour des sujets d’expertises souvent très pointus. Par ailleurs, face à la dispersion des résultats, l’enquête ne permet pas malheureusement de dégager des axes majeurs de recherche privilégiés par les géographes d’aujourd’hui, ni de mettre en évidence les domaines d’expertise que l’on leur reconnaît. En effet, les collègues travaillent dans des champs variés, souvent à la une de l’actualité, mais il s’agit toujours de domaines qu’ils partagent avec des spécialistes d’autres disciplines ; leur expertise semble dès lors liée à des savoirs ou savoir-faire très spécifiques. Des tels résultats semblent conforter la montée en puissance de grands domaines de recherche interdisciplinaires au sein desquels on retrouve des géographes.

6À la suite de cette enquête, nous avions reçu 43 propositions d’article. Toutefois, les contraintes des délais et la difficulté de l’exercice de synthèse demandé ont conduit plus de la moitié des auteurs à se retirer rapidement. D’autres ont été écartés parce que leur contribution ne correspondait pas à la demande ou, après analyse de leur texte par des experts extérieurs, ne répondait pas aux exigences du référencement. Il reste donc 12 articles pour ce numéro et ces articles ne couvrent pas tous les champs cités par l’enquête. En première analyse, ils peuvent en outre apparaître très éloignés les uns des autres.

7Toutefois, chaque article a le mérite de proposer une lecture originale d’un domaine de recherche, de montrer son évolution récente et les perspectives qu’il ouvre, de tenter d’y souligner le rôle de la géographie. Ces contributions doivent dès lors être considérées comme des lectures géographiques réflexives de l’évolution de certaines thématiques de recherche où les géographes sont impliqués. Espérons que cet exercice tente d’autres collègues et que nous puissions ultérieurement publier d’autres contributions afin d’éclairer chacun, et plus particulièrement les plus jeunes d’entre nous, sur la diversité et l’évolution récente des recherches menées par les géographes.

Pour citer cet article

Bernadette MÉRENNE-SCHOUMAKER, «Éditorial : Questions et débats dans la géographie d’aujourd’hui», BSGLg [En ligne], 62 (2014/1) - Questions et débats en géographie, URL : http://popups.ulg.ac.be/0770-7576/index.php?id=110.

A propos de :Bernadette MÉRENNE-SCHOUMAKER

Université de Liège, Géographie économique (SEGEFA)

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